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Laisser Aller La Motivation Pour Trouver Le Succès

Blogue invite de Paul Carter, fondateur de Lift-Run-Bang.com

Voici les deux phrases qu’on entend le plus souvent de la bouche des accros de la zappette

Quand ils doivent justifier du fait que leurs pas ne les amènent jamais au gym, ils disent:

A) Je n’ai pas le temps. B) J’aimerais avoir la motivation de le faire.

Tout le monde sait que le temps est une excuse bidon. L’individu lambda de 35-49 ans passe 33 heures devant la télévision toutes les semaines (un nombre sidérant).

Si on souhaite découvrir quels sont les paradigmes autour desquels quelqu’un a battit sa vie, le principe de l’effort et des priorités donne constamment des indices. Les voici:

  1. Les priorités
  2. Le niveau d’effort
  3. Le numero 2 nous dit tout ce qu’on a besoin de savoir sur le numero 1.

Les gens prennent le temps pour ce qu’ils ont envie de faire, et ce qui est important pour eux. Ils y investissent de l’argent, de l’énergie, et sacrifient d’autres aspects de leur vie pour ça.

La carte du “je n’ai pas le temps” n’est rien qu’une excuse. Si vous arrivez en retard au travail parce que vous avez appuyé 15 fois sur le bouton snooze, c’est une excuse. Ca indique clairement un manque de discipline pour sortir du lit et arriver au travail à l’heure. Si vous crevez un pneu sur le chemin du bureau, et que vous arrivez en retard, là, c’est une raison valable.

Il reste donc ce que les gens appellent la motivation, ou son absence.

Je vais vous faire part d’une vérité crue au sujet de l’entrainement et de la nutrition dont peu de gens aiment parler.

La motivation, c’est du vent

Malgré tous les memes qu’on peut lire et les images qu’on peut voir, tout le monde, et je veux bien dire, TOUT le monde mène des combats dans leur tête, et leur volonté est mise a l’épreuve quand il s’agit de se mettre au travail et de rester discipliné.

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Les deux émotions sur lesquelles les gens basent la majorité de leurs décisions sont le plaisir et la douleur. Et la tendance naturelle est de fuir la douleur pour rechercher le plaisir. Notre corps et notre esprit nous poussent sans faute vers le plaisir et nous éloignent de la douleur, ce qui contrarie souvent nos plans et nous éloigne de ce qu’on veut le plus et qu’on proclame être notre désir véritable.Ça se vérifie lorsque qu’obtenir ces choses implique peur et perte potentielles.

J’ai toujours pensé que la fonte pouvait nous enseigner une quantité de leçons et qu’elles étaient transférables à la vie en général. Pour moi l’entraînement des jambes n’est plus un plaisir, mais je continue de le faire parce que je sais que si j’ai des jambes et des hanches fortes ma qualité de vie va en bénéficier, surtout en prenant de l’âge. Ici je regarde le bénéfice sur le long terme. Souvent, faire quelque chose pour le long terme n’est pas agréable dans l’immédiat.

Ce qui est agréable, c’est, dans la majorité des cas, des choix qui permettent d’éviter la zone d’effort et de se laisser couler directement vers la zone de plaisir.

On observe justement la même chose dans presque toutes les facettes de la vie.

La récompense sur le court terme donne un soulagement immédiat. Et c’est agréable, on aime cette sensation. La majorité du temps on est conscient du fait que ce genre de choix va à l’encontre de nos objectifs voire même qu’ils sont complètement stupides, si on pense à ce dont on a le plus besoin. Le problème demeure: la voie difficile qui, on le sait, est celle qu’on devrait choisir, donne vraiment l’impression d’être horrible… et c’est d’ailleurs très certainement le cas.

C’est à ce moment que notre esprit se met à rationaliser vraiment fort. Toutes les autres voix sont réduites a des murmures en contraste. Et on rationalise:

  • nos faiblesses
  • nos mauvais choix
  • notre tendance à repousser les échéances
  • notre manque d’effort

Le chemin difficile donne l’impression d’être semé d’embuches, rempli d’aversité et de doute. Il est très incertain. Alors que cette pizza et la TV là-bas sont très réelles, elles. Et la pizza fait du bien par là où elle passe. En plus, enfoncer ses fesses dans le divan familier ça fait du bien tout pareil. Là, on a confort par dessus confort. Assurément, c’est à ça que ressemble la réussite.

Mais voila où le bât blesse… le chemin rapide vers le plaisir et l’évitement de la douleur apporte au final bien plus de douleur sur le long terme. En fin de compte notre cheminement le long de la route du plaisir nous cause plus de souffrance que si on avait fait les bons choix dès le départ.

Vous voulez une vie meilleure? Une évaluation honnête couplée a une introspection sincère révélera souvent que les choix les plus difficiles sont les meilleurs.

Vous voulez un corps plus esthétique? Les mêmes principes s’appliquent.

Pourtant éviter la douleur et se diriger vers le plaisir à court terme s’avèrent être exactement ce qui nous fait abandonner ce qu’on annonce être notre souhait le plus cher, et ce à la faveur de ce qu’on veut à l’instant present. Et c’est applicable à pratiquement tous les aspects de la vie. La motivation n’est pas une chose dans laquelle on peut puiser quotidiennement. La raison est qu’on a tendance à s’accrocher au plaisir et s’éloigner de la douleur, ce qui rend la motivation très inconstante. Personne n’a jamais vu un meme motivant changer sa vie.

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Quand la motivation s’efface, c’est la discipline qui crée des habitudes

N’importe quel objectif qui vaut la peine d’être atteint s’accompagne d’une énorme quantité de travail et de sacrifices personnels. Plus le processus qui y mène est long, plus on court le risque de voir la motivation disparaître. La motivation n’est pas toujours présente. Travailler pour son physique, sa vie, son compte banquaire, ses relations ne sera pas toujours agréable. Et ça ne sera pas toujours amusant. Parfois on n’aura pas l’envie de faire le nécessaire pour voir ces choses se concrétiser. Et bien souvent, ça demandera bien plus de travail qu’on ne l’avait imaginé au depart.

Voilà ce qu’il faut comprendre lorsque ce genre de choses se produisent.

La motivation sera maintenue aussi longtemps que le désir d’obtenir quelque chose restera plus grand que la difficulté à l’atteindre.

Lorsque la motivation pâlit, la capacité à voir plus loin que le travail, la frustration, le stress et la stagnation doit être le carburant. Aussi, la source dont tout découle commence par la discipline. La discipline crée des habitudes. Ce sont les habitudes et non la motivation qui vont aider à atteindre des objectifs.

On oublie le besoin d’être motivé. La motivation viendra toute seule. On n’aura pas à la chercher quand le désir de faire quelque chose est fort. La chose importante à faire, c’est d’avoir des habitudes qui soutiennent lorsque la motivation est absente.

Remplacez vos désirs par des besoins 

Avez-vous remarqué les mots que les enfants utilisent lorsqu’ils parlent de quelque chose qu’ils veulent?

“Je veux un gâteau”

Ou, “je veux ce jouet”

“Je veux, je veux, je veux…”

C’est un esprit d’enfant qui pense en termes de désirs et n’évalue pas les besoins.

Il faut mentalement opérer un changement de paradigme qui va nous permettre de ré-évaluer notre vie de façon à comprendre la différence entre ce qu’on veut et ce dont on a réellement besoin. Et tout commence par deux questions simples:

  1. De quoi est-ce que j’ai le plus besoin?
  2. Qu’est ce que je suis disposé à abandoner pour atteindre mon but?

Définir des besoins et assez différent de définir des désirs. Je peux avoir envie d’avoir une petite amie top model et une Lamborghini, mais je suis quasiment sûr que je n’ai besoin ni de l’un ni de l’autre. Et je ne suis pas prêt a abandonner ma santé mentale ni ma retraite dans le processus d’acquisition de ce désir.

Définir ses besoins réels est bien plus important que se concentrer sur ses désirs. Ce processus sera un autre facteur qui va aider a définir les habitudes nécessaires à la concrétisation de nos rêves dans la vie et à l’entrainement.

La règle du 80-10-10  

A l’entrainement, la règle du 80-10-10 veut que 80% des seances ne se résumerons qu’à aller pointer au gym. 10% seront géniales, et 10% seront nulles. Le problème c’est que les gens mettent bien trop souvent les projecteurs sur les deux 10%, et ils les laissent dicter leur humeur et leurs décisions. Les athlètes vont aller jusqu’à modifier l’intégralité de leur routine en se basant sur une ou deux mauvaises séances, même si jusqu’à ce point, leurs progrès avait été constants. Peut être lents, mais tout de même constants.

Aucun culturiste ne s’attend à être en shape de competition à l’année. Dans l’optique de la construction d’un bon physique ça serait contre productif. Aucun athlete de force ne s’attend à être capable d’exprimer sa force maximale à l’année non plus. C’est tout simplement impossible. Mais les deux doivent trouver des moyens de pousser au delà des périodes de doute et de souffrance lorsque les choses ne se passent pas comme prévu durant la préparation de la compétition.

Je n’ai jamais grimpé l’Everest; pourtant j’imagine que la même théorie est applicable. Parfois les conditions permettent de grimper rapidement lorsqu’il y a peu d’interruptions et de difficultés. Je suis sûr qu’a certains moments l’inverse se produit, que la progression vers le sommet devient tout simplement impossible, et que la survie devient le seul objectif. Le facteur le plus important, si je devais spéculer sur le sujet, serait selon moi, de continuer a mettre un pied devant l’autre pour la majeure partie de l’ascension. Certainement pas très divertissant au milieu de la monotonie générale, mais c’est le pré-requis pour finaliser l’ascension. Le travail ennuyeux est souvent le plus important quand on parle de finaliser des tâches et avoir du succès, plus important que des variations mineures qu’elles soient positives ou négatives.

N’allez pas dans le rouge tout le temps 

On ne construit pas de muscle au gym. C’est l’endroit où on le détruit, et il est ensuite reconstruit pendant la période de récupération. Si quelqu’un est dans un état de fatigue perpétuelle parce qu’il s’entraine trop, alors le processus de récupération devient impossible. Charles aime la phrase, la fatigue masque la forme. Quand on abuse d’un stimulus, ça devient contre-productif. Ceci s’applique à toutes les facettes de la vie. Si on est constamment en train d’épuiser ses réserves d’énergie physique, mentale, ou émotionnelle, alors on ne peut pas être à son meilleur. Si on ne sait pas à quel moment lever le pied de l’accélérateur il faut s’attendre, pour utiliser une métaphore automobile, à amener votre vie dans le rouge et à endommager le moteur.

Parfois le processus doit se révéler à nous comme un pas en arrière pour faire deux pas en avant.

Mais êtez vous disposé à le faire? Le plus souvent on devient prisonnier du mode de pensée qui veut que pour réussir et arriver à mieux, on doit fournir plus de travail. On se persuade souvent que la raison pour laquelle les choses n’arrivent pas assez vite c’est que nous n’en faisons pas assez. Même lorsqu’on est vidé physiquement, mentalement et émotionnellement.

Épuisement de la motivation

Au final, vous serez rattrapé et, comme on l’a déjà dit, la motivation va disparaitre. Si on ne prévoit pas des périodes de décharge, il faut s’attendre à heurter un mur aussi violemment que si on avez été projeté d’un canon directement sur un mur de brique. On se trouve alors dans une position où on aura 5 pas à faire en avant pour revenir là où on était précédemment.

Le bodybuilder, le powerlifter ou l’athlète intelligents savent que la semaine de pic n’est pas quelque chose qu’on peut maintenir, et que le corps va faire le nécessaire pour revenir à nouveau à l’homéostasie.

Si on n’a pas assez conscience de soi même pour savoir quand on est crevé, et qu’on a besoin de décompresser, il faut s’attendre à des contretemps et des régressions.

Autant que faire ce peut 

J’ai un ami qui m’a appelé un jour pour me dire qu’il allait faire quelques changements sur son entrainement alors qu’il faisait de bons progrès. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a répondu qu’il avait le sentiment que ses progrès pourraient encore être meilleurs en changeant. Ma réponse a été que ce n’était pas une bonne idée à mon avis. Il se sentait bien mieux qu’il ne l’avait été depuis des années en termes de prévention de blessure et je ne voulais pas le voir dévier d’un plan qui fonctionnait.

Mais bien sûr il avait raison et il a changé son programme. Il s’est blessé et je lui ai fait le sermon du ‘je te l’avais bien dit’ quand de bonnes choses se manifestent dans votre vie, même si c’est une once de progrès, ce n’est généralement pas une bonne idée de faire de gros changements. Parfois qu’on le veuille ou non, c’est le mieux qu’on puisse avoir pour le moment. Une répétition de plus, c’est tout de même un progrès, cinq livres de plus sur la barre ça veut dire qu’on s’adapte et qu’on progresse.

Faire trop de zéle

Vouloir des résultats avec trop de ferveur, c’est une autre forme de surentrainement, et être trop gourmand coûte souvent plus que ça ne rapporte.

C’est sûr qu’il y a des moments à l’entrainement où on est dans un jour des 10% fabuleux, et on a envie d’aller à fond là-dedans. Mais qu’elle est la réaction qui découle de cette action? En règle générale c’est une diminution dans la productivité à l’entrainement dans les jours qui suivent. Voire même potentiellement les semaines qui suivent à cause de la dette systémique qu’on inflige au système de récupération. Dévier du plan à l’origine de cette fabuleuse session de 10% cause bien souvent des réactions en chaîne puisque la récupération devient alors moins bonne que précédemment.

Paul Carter, Deadlift

La progression n’est pas toujours aussi rapide qu’on le voudrait

Il est possible que la raison ne soit pas un manque d’effort, de planification, ou d’excecution. Parfois toutes ces variables sont en place, et on en bénéficie uniquement de tout ce qu’il est possible de retirer pour l’instant. Parfois on travaille fort pour bien peu en retour, et être reconnaissant pour ça peut être difficile. Soyez reconnaissant malgré tout. Et retirez-en le maximum jusqu’à arriver à la stagnation ou bien jusqu’à ce qu’une régression devienne apparente. Lorsque ça se produit, faites de légers changements qui vont permettre d’évaluer correctement les résultats obtenus. Ça laissera des indices quant à la future marche a suivre.

Les points importants

  1. Arrêter de rechercher des récompenses à court terme. Et regarder en direction du chemin difficile qui va amener vers l’excellence potentielle.
  2. Ne pas se fier à la motivation si on veut réussir. Mais créer une vie remplie de discipline dont découle de bonnes habitudes.
  3. Arrêter de se concentrer sur des déboires ou des temps forts pour en faire les jalons de son travail. Se concentrer sur ce qui est constant et utiliser ça pour jauger de la progression.
  4. Opérer un transfert mental qui définit les besoins et élimine les envies.
  5. Ne pas faire de changements de grande envergure sur un plan même si le retour sur investissement n’est pas exceptionnel. Des ajustements légers donneront de meilleures informations en retour sur les endroits où la suite du succès se cache.

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